Aujourd’hui nous sommes en route vers le sud pour changer un peu ! Depuis la Pacific Highway on tourne à l’ouest dans les terres sur la Waterfall Way. Première pause GPL dans un petit truc où les pompes sont devant les légumes… d’ailleurs j’en profite pour acheter quelques produits frais. Prochain arrêt Bellingen, village réputé hippie mais il est un peu tôt, le point info spécial Waterfall Way est fermé, donc on va se prendre un chocolat pour rencontrer la population et compléter notre petit déjeuner. Les gens ici sont très souriants, de tous les âges (mais plutôt jeune), la vie semble bien plus paisible qu’en ville, même à Coffs… Les gens se disent bonjour avec un bisou et des tapes amicales dans le dos, c’est chaleureux ! Le point info ouvre enfin, la dame est très gentille et nous pleins de prospectus. Contrairement à Wayne, son anglais est très compréhensible !
On reprend donc la route qui ne tarde pas à grimper violemment et on entame en seconde cette belle montée alpine dans la forêt sub-tropicale. Les cascades de Newell et Sheward bordent la route, petites et impossible de s’arrêter. D’un coup on arrive à un plateau à 762m, de toute évidence la déforestation y a été intense, maintenant des vaches occupent le terrain. Virage à droite direction le Rainforest Center. Petite boutique souvenir d’un côté, charmante, de l’autre panneaux informatifs permettant d’écouter des champs d’oiseaux et de voir certains animaux empaillés, une vidéo d’une heure sur la Rainforest et sa protection est en projection. Entre les 2 accès au Skywalk, passerelle en bois, qui flotte au dessus de la canopée.
Ensuite nous continuons vers la Never Never Picnic Area, la route entre les domaines agricoles devient poussiéreuse. Puis on rentre dans la Rainforest, la fraicheur se sent immédiatement. Encore des montées, heureusement le sol est bon. On attérit dans une prairie avec table, panneaux pour rando, barbecue… super ! Petite salade légère pour ce midi et à 12h30 départ pour une des randos, celles vers Casuarina Fall.
La descente dure une heure dans cette forêt indescriptible. Ça fait penser à ce qu’on voit dans les reportages en Amazonie mais l’humidité et la température sont normales. Des fougères comme jamais vues, des eucalyptus géants, des bouleaux… Cette forêt a été exploitée avant d’être protégée au patrimoine mondial, et des stigmates restent de cette époque. Un panneau explique que les souches d’eucalyptus font 8 à 10 pieds car le bois en bas n’est pas bon. Les bûcherons creusaient des trous pour fixer des planches qui leur permettaient de couper en hauteur, surprenant… Le ciel est plutôt nuageux mais par moment les nuages laissent passer des rayons de soleil qui éclairent d’un coup le sommet des arbres. Par contre ils sont peu nombreux à pénétrer vraiment les feuillages denses. Le calme des oiseaux crée une atmosphère presque pesante. Pourtant il y a environ 200 espèces d’oiseaux dans ce parc, on doit les déranger…Nous suivons scrupuleusement le chemin tracé, d’abord pour éviter de détériorer cette nature sauvage, mais aussi parce qu’on a aucun repère et une aventure hors-sentier serait la perte assurée ! A chaque croisement un petit panneau récapitule le parcours, c’est plutôt bien fait ! La rivière commence à se faire entendre puis on peut la distinguer entre les arbres. La cascade n’est pourtant pas si proche et les derniers mètres sont bien pentus. Une fois en bas, quel cadeau ! Nous sommes au sommet de Casuarina Fall, la vue d’en haut limite les possibilités de point de vue, même en escaladant les côtés. D’autant plus que l’humidité de la rivière rend les pierres très glissantes. Un petit bassin et sa petite cascade nous offre aussi un très joli spectacle que nous apprécions beaucoup.
Après une bonne demi-heure d’observation on se motive pour la remontée. Effectivement les 1er mètres sont violents mais ça se fait très bien. La boucle prévoit un retour le long de la rivière, nous offrant un nouveau petit coin qui donnerait presque envie de se baigner. L’eau est vraiment claire et d’un bleu vert magnifique. Mais les insectes à la surface ne seraient certainement pas ravis de notre intrusion… Sans parler de ceux qu’on ne voit pas ! Bref on reprend la marche et la rivière se fait très discrète au point de se demander si elle est toujours là… Les chaussures neuves de mon Amour lui font mal au talon, mais il tient bon et attend avec impatience ses claquettes au camion. Malgré tout ce qu’on a eu l’impression de descendre, la remontée est douce donc très agréable. J’ai presque toujours la tête en l’air à la recherche de koala, mais ça ne doit pas être une bonne zone pour eux… Sur certains arbres, on peut voir des protubérances, comme un parasites, qui possèdent leurs propres feuilles (en général rien à voir avec le support, c’est ce qui est si surprenant). Autre étrangeté de cette forêt, des sortes de lianes poussent à partir du sol, pour s’accrocher sur les arbres alentours. Elles font plusieurs tours autour d’un tronc puis file sur le voisin. Parfois elle passe sur le chemin pour nous faire une arche ou une corde à sauter fixe. De retour dans le trou de verdure de la picnic area, nous sommes heureux de constater que notre Magic Willie Bus est toujours là et de changer de chaussures ! Oh le talon de John va bien, mais sur sa cheville une petite sangsue s’est installée sur sa chaussette. Il l’enlève mais elle avait commencé son travail car le sang continue de perler quelques minutes. On désinfecte tout ça et on oublie cette rencontre…
Il est encore tôt et on a la route qui nous démange un peu, nous voilà donc repartis. Les montés sont toujours aussi éprouvantes… Le passage de la forêt dense aux prairies à vache est un peu violent mais bon, au moins on revoit le ciel ! Au nord de Dorrigo, les Dangar Fall nous appellent, de plus le Camp5 nous y indique une rest area où dormir. La traversée de Dorrigo est… étrange, les maisons ont de grands jardins mais semblent en très mauvais état. Les boutiques semblent venir d’une autre époque… Même le pont qui mène à la cascade est improbable, des planches de bois fixées avec des boulons dont les écrous dépassent là où on roule, boucan assuré ! Par contre, la cascade est très belle, et plusieurs travellers s’y arrêtent aussi. Mais un panneau « no camping » réduit à néant nos espoirs d’y dormir (surtout si proche du village). Deux jeunes se sont donnés rendez vous ici pour gonfler leur muscles, hallucinant ! Plusieurs photos de la chute et nous voilà donc repartis, vers l’est puis le sud. Le problème est qu’au moins 50km nous séparent de l’aire de camping suivante. La route est merveilleuse surtout par ce soleil descendant. C’est très vallonné, du coup les difficultés du van dans les montées gâchent un peu le plaisir des yeux… on essaye d’en rire, en se rendant aérodynamique dans les descentes et en chantant pour encourager MWB dans les montées.
Une fois à Ebor, la nuit tombe… on tente le parking des Ebor Falls qui est bien éloigné de la civilisation. Cette fois on s’arrête, même si c’est dans un parc national… Il faut avouer que le spectacle de ces deux cascades est extra ! La lumière est faible et le froid pique les joues : on file dans le camion pour se préparer à manger. Le frigo met du temps à démarrer au gaz, comme souvent, mais cette ne fois ne refroidit pas du tout… peut être déjà plus assez de gaz… De toute façon le froid extérieur suffira sûrement à nous offrir un jus de fruit frais pour demain matin. Tient une invitée surprise ce soir... Une araignée un peu trop grosse pour qu'on ai la face sortir. La photo est donc post mortem... Les pâtes nous réchauffent et on se met au lit, à 20h30 avec 16°C dans l’atmosphère. On croise juste les doigts pour ne pas se faire virer par les rangers du Guy Faukes River National Park.
A 5h20 il fait 8,7°C dans le van… tout va bien ! Nous sommes tous les 2 bien réveillés mais pourtant le jour n’a pas pointé le bout de son nez. Pas de ranger à l’horizon, juste le chant de singe de notre ami l’oiseau. Le soleil se lève enfin, mais derrière les cascades, contre-jour garanti, on prend le temps de déjeuner. On s’approche quand même du point de vue, en fait ici ce sont deux cascades en série. La première n’est pas énorme mais la passerelle en est proche, d’ailleurs un animal, peut être un renard vient furtivement y boire un coup. Quelques photos et on repart de bonne heure. On continue la Waterfall Way direction Wollombi pour voir la 2ème plus grande cascade d’Australie. La route en elle-même est un spectacle car des plaines verdoyantes dans la forêt humide, on passe dans un paysage bien aride, comme si on se rapprochait de l’outback. De toute évidence, les montagnes proches de l’océan arrêtent les nuages de pluie.
Cette cascade aussi est à contre-jour… rrrrr ! On décide d’attendre que le soleil se lève plus en s’occupant sur le parking. La chute de 220m est bien impressionnante mais loin, et comme un visiteur le fait remarquer, elle manque d’eau ! Pendant que John branche le frigo sur la batterie moteur et que j’écris, pas mal de visiteurs passent, dont un bus d’écolier, quel bordel ! Bref on prend nos photos et on file.
On revient un peu sur nos pas vers le lookout à l’entrée du New England National Park, le coin où on compte dormir ce soir. La route se transforme en joli chemin gravillonné très praticable mais les nids de poules se cachent dans les jeux d’ombre et de lumière des arbres. Sur la droite une forêt de « Beech », tient qu’est ce que c’est… hêtre ! Quand je dis ça à John, il rebondit sur ce qu’on baptisera le proverbe du jour : « Beech or not to beech »…
Le point de vue est à quelques pas du parking mais nos estomacs réclame le déjeuner. Après le ravitaillement, on fait donc la mini-balade qui nous prend presque une heure tellement il y a de jolies choses à voir ! Deux points de vue sur les immenses forêts du parc national, avec l’océan en fond. On peut même voir d’où nous venons, Bellingen et la montée incroyable jusqu’au plateau de Dorrigo, on comprend mieux pourquoi on a galéré ! Au passage on peut imaginer le courage et l’obstination dont les pionniers ont du faire preuve pour conquérir des endroits pareils. La nature s’était pourtant bien cachée…
Une fois l’estomac, les yeux et l’appareil photo bien remplis on décide de redescendre de ce perchoir de 1500m. Bon les campings n’étaient pas super bien indiqués, mais on finit par trouvé ce petit coin de verdure en bord de la Styx River (ruisseau plutôt). Quelle paix ! Des petits coins de feu nous donnent envie de s’en faire un, donc on ramasse un peu de bois pour ce soir. On s’installe tranquillou et quand le jour tombe on lance le feu. Une jeune femme arrive seule dans son break et semble s’installer pour la nuit. Donc on l’invite à profiter du feu avec nous, elle nous rejoindra plus tard. Le feu a bien du mal à duré, en fait les écorces d’eucalyptus brûlent très bien mais le bois en lui-même ne prend pas du tout. Je fais tenir le feu avec des écorces pendant que John cherche à la lampe torche d’autre bois. Il revient avec un chêne mort, le feu est parfait pour accueillir Sophie-Ann. Elle est bien contente de se réchauffer au coin d’un feu. On discute longtemps pendant que nous mangeons notre maïs bouilli. Elle est australienne, de Melbourne, et va à Brisbane. Elle a quitté son boulot dans une entreprise qui « re-végétalise » les villes avec des plantes locales. Elle veut une vie encore plus proche de la nature et loin de cette grosse city. En tout cas on passe un sacrément bon moment, autour du feu et du thé qu’elle nous offre ! On n’a plus de bois, il commence à être tard, donc on se dit à demain. Le temps de ranger, se brosser les dents et de faire le lit, on est congelés, le feu tenait bien chaud ! En fait il fait déjà 4°C dans le camion… on met la sonde destinée au frigo en général à sa vraie place : dehors, par curiosité. On se colle l’un à l’autre pour se réchauffer… Le pipi du soir est terrible, et avec le thé on ne peut pas y couper… N’empêche qu’on continue a avoir très envie surtout qu’on a très froid… On se demande si on va tenir avec ce froid, le méga duvet ne suffit pas dans ces conditions, mais à force on finit par s’endormir.
Quelle nuit horrible ! On s’est vraiment gelé toute la nuit, on attend les rayons de soleil pour sortir mais il fait –2°C dehors et 0°C dans le van… On s’habille dans le lit, pipi rapide et retour au lit. Petit déjeuner rapide et on se casse !! On espère que Sophie-Ann n’est pas morte de froid dans sa voiture… On lui prépare un petit mot avec notre blog. Quand elle entend notre moteur, elle sort, elle n’a pas eu froid et est même étonnée de la température extérieure. Bref elle nous laisse son mail et on se dit des au revoir chaleureux.
On prend donc la route très tôt direction la plage et un caravan parc où prendre une douche chaude !!!!!!!!!
mercredi 12 mai 2010
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-2°C, GlaGlaGla !
RépondreSupprimerSuper rando, il fallait la mériter celle-la^^
Je suis fan de la boite à lettre :p